La délégation a notamment visité Jérusalem, Yad Vashem, la frontière nord, et rencontré Isaac Herzog, des députés et les ambassadeurs français et belge
Hassen Chalghoumi, imam de Drancy connu pour son implication dans des initiatives interconfessionnelles, s’est rendu en Israël pendant près d’une semaine au début du mois avec une « délégation de 40 jeunes ambassadeurs de la paix musulmans de France et de Belgique », a-t-il indiqué sur son compte Facebook.
Le voyage s’est fait « dans l’esprit des Accords d’Abraham, pour travailler au dialogue, au mieux vivre ensemble, au-delà des différences et clichés ».
La délégation, accompagnée d’Arié Bensemhoun, directeur d’ELNET France, a notamment visité Jérusalem, sa Vieille Ville et le Dôme du Rocher, la Knesset – où ils ont pu rencontrer les députés – ou encore le mémorial de Yad Vashem.
Ils ont rencontré le président Isaac Herzog à la résidence présidentielle, ainsi que le Général Abou Karem, secrétaire militaire, et l’ambassadeur Zvi Vafny, conseiller diplomatique.
« Au cours de nos discussions, ils ont insisté sur l’importance de notre délégation pour la promotion de la paix dans la région du Proche et Moyen-Orient », a indiqué ELNET France.
La délégation s’est aussi rendue à l’ambassade de France en Israël, où ils ont rencontré les ambassadeurs français et belge, Eric Danon et Jean-Luc Bodson.
À Har Hadir, à la frontière libanaise, les jeunes ont reçu « un exposé stratégique de la situation politique et militaire des relations entre Israël et le Liban ».
« Notre délégation a pu constater le danger que représente le Hezbollah pour Israël et pour le monde en visitant un de leur tunnel offensif. De cette visite, nos ambassadeurs dressent un constat sans appel : il est urgent que la communauté internationale prenne en compte la menace majeure que constitue l’arsenal du Hezbollah pour la stabilité de la région et la paix dans le monde », a écrit ELNET.
Ce n’était pas la première visite de l’imam Chalghoumi en Israël. En 2019, lors d’une tournée en Cisjordanie avec des dirigeants d’implantations, il avait notamment déclaré que soutenir le boycott d’Israël était contraire à la loi coranique, et qu’il espérait favoriser le dialogue entre Israéliens et Palestiniens afin qu’aucune « mère – ni Israélienne ni Palestinienne – ne pleure » dans le futur.
En février dernier, l’imam avait déclaré que lui et sa famille vivaient sous la menace des islamistes depuis des années.
Outre le saccage de son domicile, sa voiture a été brûlée en 2009 après la publication d’un article dénonçant l’importation du conflit israélo-palestinien en France ; ses proches ont eux aussi été menacés et des membres du collectif Cheikh Yassine, désormais dissous depuis l’assassinat du professeur Samuel Paty l’an dernier, ont réussi à entrer chez lui, quelques années avant que l’État islamique n’émette une fatwa ordonnant son assassinat.
L’imam a déclaré se rendre à la mosquée à différents moments de la journée pour rendre plus difficile la poursuite d’un agresseur potentiel. Il a aussi indiqué porter un gilet pare-balles pour se protéger.
Face aux menaces, sa famille a changé de nom et a quitté la France pour un pays inconnu.
En décembre dernier, pour la deuxième fois, l’imam a fêté Hanoukka à Dubaï.
Hassen Chalghoumi détonne dans le discours religieux musulman, notamment par son soutien à l’interdiction de la burqa en France.
