L’imam Hassen Chalghoumi, entendu ce mardi 17 février par la cour d’assises spéciale de Paris au procès en appel de l’assassinat du professeur Samuel Paty, a été hospitalisé après un malaise, sans avoir pu terminer son témoignage.
Ce pourfendeur de l’intégrisme islamiste, dont la représentativité est souvent contestée dans la communauté musulmane, avait auparavant livré un témoignage très dur contre un des quatre accusés, Abdelhakim Sefrioui.
Ce militant islamiste est jugé pour avoir été avec un père d’élève, Brahim Chnina, l’artisan d’une campagne de haine contre le professeur d’histoire-géographie avant son assassinat.
Un jeune islamiste tchétchène, Abdelhakim Anzorov, avait décapité Samuel Paty le 16 octobre 2020 à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) pour avoir montré des caricatures du prophète Mahomet lors d’un cours sur la liberté d’expression. Il avait ensuite été abattu par la police qu’il menaçait.
« Évacué » dans un hôpital
Mardi, après les questions du parquet général à Hassen Chalghoumi mais avant celles de la défense, une pause a été décidée. Au terme d’une longue interruption, la présidente a expliqué qu’Hassen Chalghoumi allait devoir « être évacué » dans un hôpital francilien. Afin de respecter le contradictoire, la présidente de la cour a prévu de demander à Hassen Chalghoumi de terminer son interrogatoire vendredi.
Mon client a eu un malaise. Pour autant, il reste à la disposition de la cour pour répondre aux questions des parties le 20 février », a assuré auprès de l’AFP son avocate Samia Maktouf.
Dans un témoignage parfois confus, Hassen Chalghoumi avait évoqué les manifestations en 2010 devant sa mosquée de Drancy pour y dénoncer ses positions, notamment sur la question du voile, organisées par le Collectif Cheikh Yassine, l’association d’Abdelhakim Sefrioui.
Hassen Chalghoumi a évoqué des « menaces de mort » le visant, une « propagande sur les médias sociaux ». Il a dépeint Abdelhakim Sefrioui comme « un des hommes les plus dangereux en France », « manipulateur face à des personnes fragiles et sensibles ».
La défense d’un accusé demande l’ajout d’une vidéo aux débats
Au terme de son témoignage et avant la pause, la défense d’Abdelhakim Sefrioui avait demandé que soit versée aux débats la vidéo d’un prêche d’Hassen Chalghoumi où, selon elle, il aurait montré « un autre visage », tenant des propos radicaux. « C’est peut-être cette pièce qui a pu causer le malaise et les désagréments d’Hassen Chalghoumi », a ironisé Me Ouadie Elhamamouchi.
La présidente a toutefois refusé de verser cette vidéo aux débats, la défense n’étant pas en mesure d’en préciser la source et la date.
Aux côtés d’Abdelhakim Sefrioui et Brahim Chnina jugés pour association de malfaiteurs terroriste, deux amis d’Anzorov répondent de complicité d’assassinat, ce qu’ils contestent également.







